Friday, 21 May 2010

capitalisme: c'est la crise finale...

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http://www.pauljorion.com/blog/?p=11828

18 mai 2010

L’argent destructeur

Voici la traduction de mon entretien originellement en allemand avec le Dr. Stefan Fuchs qui a été diffusé de 9h30 à 10h00 sur Deutschlandfunk le 9 mai. Les germanophones peuvent toujours écouter le podcast ici

J’accueille toujours avec reconnaissance les entretiens longs parce qu’ils permettent de développer, sans devoir tronquer une partie des arguments, une véritable démonstration.

Traduction française : j’ai pris comme base essentiellement la traduction de Johannes Finckh, la plus proche des mes propos originels en français. Merci à lui, merci aussi à Timiota et Fleurbleue qui avaient unis leurs efforts dans une traduction parallèle.

L’exemple que j’avais donné de trois personnes se prêtant mutuellement de l’argent n’a manifestement pas été compris par le traducteur allemand, qui m’a « corrigé » en parlant d’un triplement de la somme au lieu d’un doublement. J’ai réexpliqué l’exemple, en lui rendant sa cohérence, et du coup, sa rigueur.

L’argent destructeur

Enseignements de l’hypercrise, deuxième partie : Entretien avec le chroniqueur économique Paul Jorion

Par Stefan Fuchs

La crise financière culmine depuis l’automne 2008 dans une crise du capitalisme global. Car la libéralisation débridée des marchés et l’expansion de la division internationale du travail n’ont pas pu tenir les promesses gigantesques de croissance et de prospérité.

Dans la deuxième partie de la série d’entretiens « « Enseignements de l’hypercrise », Stefan Fuchs a eu un entretien avec Paul Jorion sur l’effet destructeur de l’argent. Jorion est chroniqueur économique du journal français « Le Monde ». Economiste structuraliste, il critique la mise sur le même plan de l’argent et du crédit comme une pure idéologie. Le capitalisme actuel serait selon lui à l’agonie.

Stefan Fuchs: Monsieur Jorion, vous étiez parmi les premiers à avoir prédit la crise américaine de « subprimes ». Vous-même travailliez aux États-Unis dans le secteur du crédit, et vous prédisiez dès 2004 une grave crise de ce capitalisme financier américain. L’élément déclenchant de l’hypercrise est selon votre analyse un mécanisme interne de l’économie globale telle qu’elle se développait dans le dernier tiers du 20ème siècle et qui a eu pour effet une concentration de plus en plus forte de l’argent en peu de mains. Comment décrivez-vous ce mécanisme qui conduisit presque à un tarissement de la circulation monétaire et qui déclencha cette crise extrême qui saisit ensuite aussi l’économie réelle ?

Paul Jorion: En comparant la crise de 1929 qui avait débuté aux États-Unis pour devenir alors une crise économique mondiale et la crise à laquelle nous avons affaire depuis 2007, on observe une parenté stupéfiante : la concentration de la richesse économique entre les mains d’une minuscule minorité. En vertu d’un mécanisme économique très simple. Lorsque l’argent n’est pas là où il est nécessaire, soit pour produire dans une entreprise soit dans les ménages pour acquérir des biens durables, ou bien encore parce que le salaire est insuffisant pour vivre du fait que les salaires réels stagnent ou sont même en recul, il faut alors se le procurer par le crédit. C’est une loi aussi implacable que logique : la concentration de la richesse est un processus qui s’autoalimente. Lorsque l’argent est réparti inégalement dans un système économique, cette répartition inégale s’accentuera avec le temps toujours davantage. C’est ce que nous vivons. L’argent n’est pratiquement jamais là où il est nécessaire, ni dans la production industrielle, ni dans la consommation. On doit toujours se le procurer via le crédit. L’argent et son prix ont aujourd’hui un rôle prédominant et qui va se renforçant continuellement. Le système financier dispose d’une omniprésence quasi-divine qui ponctionne un profit sur chaque transaction. Du coup, une part croissante d’intérêts est contenue dans le prix de tous les produits et de tous les services.

Fuchs: Qu’est-ce qui explique cette baisse des salaires réels ? Qui selon vous est responsable de ce processus de concentration ? Est-ce un rapport de forces politique, ou alors y a-t-il des mécanismes économiques ? Qu’y a-t-il derrière cela ?

Jorion: Pour simplifier grossièrement, il y a trois groupes sociaux dans nos sociétés. C’est ainsi que l’on le concevait au 18ème et 19 ème siècle. Il y a les entrepreneurs qui ont le concept d’un nouveau produit. En cas de succès, ils peuvent faire travailler d’autres qui vendent leur force de travail : les ouvriers et les employés. Et puisque le capital n’est pas toujours là où se crée une entreprise, il doit provenir de crédits. Il y a donc ainsi un troisième groupe, celui des détenteurs de capitaux. Dès qu’un gain s’est constitué, généré par la production, il faut le répartir entre ces trois groupes. Le détenteur du capital percevra d’abord les intérêts qui lui sont dus. Il existe ainsi un antagonisme naturel entre détenteur de capitaux et entrepreneur, un rapport de forces, qui détermine la hauteur des intérêts. Quand l’économie va bien, l’entrepreneur abandonnera davantage d’intérêts et de dividendes au détenteur de capital, et moins quand l’économie va mal. Il doit partager le reste avec ses ouvriers. Il y a ici aussi un antagonisme. L’entrepreneur n’est pas disposé à laisser à ceux qui travaillent pour lui plus qu’il n’est nécessaire. Quand ceux-ci sont organisés en syndicat, ils peuvent réduire la concurrence entre eux et présenter un front dans cet antagonisme.

Depuis le milieu des années 1970, il y a cependant eu un facteur qui, au moins dans les grandes entreprises, a modifié radicalement ce jeu de forces. On a introduit le système des « stock options ». La firme de conseil McKinsey menait alors des recherches sur la manière d’éliminer l’antagonisme entre entrepreneurs et capitalistes, comment en faire deux groupes d’alliés immédiats. La réponse : aligner les intérêts des dirigeants et ceux des investisseurs. Le moyen : gratifier les managers d’options sur les actions émises par l’entreprise. Un dirigeant d’entreprise peut exercer ses options au moment de son choix. Naturellement, il ne le fera que quand l’action aura atteint un cours élevé. Il consacrera toute son énergie à ce que le cours de l’action monte, même si cela n’est possible que dans une perspective à court terme ou qui nuit même aux intérêts à long terme de l’entreprise. Les “stock options” marquent le début d’une nouvelle forme du capitalisme accompagnée d’un glissement des rapports de force entre les groupes sociaux. Dès lors, les capitalistes et les entrepreneurs sont alliés. Les salariés se retrouvent face à eux bien seuls. Le rapport de forces ne leur était déjà pas favorable initialement, leur position est désormais affaiblie d’une façon déterminante.

Parallèlement, la financiarisation de l’économie devint massive. Le cours de l’action devient plus essentiel que la production proprement dite. La firme américaine Enron, aujourd’hui disparue, est un bon exemple de ce changement de paradigme. A un moment de son histoire, le produit proprement dit de l’entreprise était devenu le simple cours de ses actions. Grâce à un procédé comptable appelé « bootstrapping » [se soulever en tirant sur ses lacets], le succès de l’entreprise était directement lié au cours de l’action. Lorsqu’une action dépassait une valeur seuil, le profit enregistré par Enron s’accroissait. La production est devenue immatérielle à 100%. C’est le système des stock options qui rendit cela possible. Et parallèlement, il y avait stagnation, voire baisse des salaires réels qui ne croissaient plus avec le taux d’augmentation de la productivité.

Dans ce contexte, le crédit est devenu, surtout aux Etats-Unis, une sorte de salaire d’appoint appelé à protéger contre la chute du niveau de vie et aussi contre un effondrement total de la demande. Mais les crédits signifient le paiement d’intérêts. 5 pour cents ne semblent a priori pas énormes, mais quand on doit payer un crédit immobilier à 5,3% sur trente années, comme cela est courant aux USA, on aura payé en fin de période le prix de la maison deux fois. Pendant ce temps-là, la spéculation poussait toujours davantage les prix immobiliers à la hausse. La valeur d’une maison pour une famille en était venue à correspondre à trente années de revenu disponible. Un prix véritablement astronomique.

Justifiant tout cela se trouvent les théories de l’ordolibéralisme économique qui croit fermement à une autorégulation des marchés et n’autorise à l’État que des interventions minimales dans leur déroulement. Dans la pratique, l’instauration de ce système n’avait été, comme nous sommes obligés de le constater maintenant dans le contexte de la crise, qu’une avancée par essais et erreurs, quasiment une vaste expérimentation de laboratoire sur l’économie mondiale. On dérégule et on verra bien ce qui se passe. Les effets apparaissent avec un certain décalage dans le temps, et quand on peut les observer, il est alors beaucoup trop tard. Il n’y a pas que dans le cas de la catastrophe climatique que l’on à affaire à des phénomènes irréversibles, c’est vrai aussi dans le champ économique.

Dans les années 1980, quand ces théories avaient été mises en pratique, on n’a pas eu une conscience claire de ceci : un système économique bâti sur le crédit multiplie les risques. Dans un système économique piloté par le crédit se constituent des chaînes d’emprunteurs, A doit à B qui doit à C et ainsi de suite. Quand un crédit fait défaut, toute la chaîne s’effondre à partir de celui qui fait défaut, comme des dominos. Contre le risque, l’industrie financière avait développé, avec son inventivité inépuisable, des instruments nouveaux, les fameux et problématiques “credit default swaps” ou CDS, des assurances de défaut du crédit. Mais, au lieu de contrôler ainsi les risques, ces instruments génèreront à leur tour des risques nouveaux. Car on peut les utiliser pour spéculer, on peut par exemple parier sur le fait que les obligations grecques se déprécieront. Tant pis pour celui qui aura mal spéculé. Exemple l’assureur US “AIG”. Perte pour le contribuable américain : 182 milliards de dollars, du même ordre que le sauvetage de “Fannie Mae” et “Freddie Mac”.

Fuchs: Je voudrais revenir sur la perspective de la majorité de la population. Dans un tel contexte, elle est mise à contribution deux fois, une première fois parce que sont déjà inclus dans les prix une grande part d’intérêts, et une deuxième fois en raison des crédits qu’elle doit souscrire afin de compléter un salaire insuffisant, ce qui signifie qu’on la fait payer à deux reprises.

Jorion: Dans les faits, débute à la même période, autour de 1975, l’introduction de la micro-informatique qui rendait possible une véritable explosion de la productivité. Mais cet accroissement de la productivité, les salariés n’en bénéficient pas. Leurs revenus resteront toujours davantage en retrait par rapport à l’évolution économique. La productivité est aussi augmentée partiellement par des rationalisations, autrement dit parce que les gens perdent leur emploi. En même temps, les prix augmentent parce que les intérêts et la spéculation les poussent à la hausse. Rien que dans l’essence et le gazole est contenu un bon tiers de gains spéculatifs. La majorité des Américains doit de ce fait compléter ses revenus grâce à du crédit alors que l’industrie financière prospère insolemment : les gains de productivité vont dans sa poche, les intérêts de toute manière aussi. C’est cela l’absurdité de la discussion autour des paiements des bonus des banquiers. Le pouvoir politique veut les limiter, et il fait valoir cela comme une régulation décisive du secteur bancaire. Or c’est un pur effet de surface. Ces bonus sont des commissions : un faible pourcentage des profits réellement générés par l’industrie financière. Quand des millions vont dans les poches des traders, c’est seulement parce qu’ils ont récolté des milliards pour l’établissement qui les emploie. Pourquoi les banques gagnent-elles de telles sommes ? Tout simplement parce que cet argent a cessé d’être redistribué aux salariés.

Fuchs: Vous faites partie de ces experts économiques structuralistes qui critiquent l’assimilation du crédit à la monnaie comme quelque chose d’idéologique au plus haut point et qui est responsable de l’invisibilité du processus de concentration de la richesse dont nous venons de parler. En quoi consiste l’erreur quand on dit que la monnaie en espèces et la monnaie scripturale seraient la même chose ?

Jorion: On parle de masses ou d’agrégats monétaires et de la création monétaire par les banques commerciales. Dans un calcul usuel, on additionne la quantité de monnaie liquide et ce dont les gens disposent sur leurs comptes et livrets d’épargne. On constate alors que le total croît continuellement, que la richesse croît constamment. On oublie alors que la monnaie liquide et la monnaie scripturale sont deux choses fondamentalement différentes. Supposons par exemple trois personnes qui ont, chacune, 10 euros en poche. Elles se prêtent cet argent l’une à l’autre. Si on calcule maintenant selon la manière conventionnelle, la somme a doublé. En effet, chacun des trois – en tant que prêteur – possède une créance de 10 euros en poche, et – en tant qu’emprunteur – possède 10 euros en espèces. Ce n’est pas une erreur de calcul, c’est la méthode prônée par le « science » économique. On parle de masses monétaires M1, M2, etc. L’économiste théoricien Schumpeter a très bien justifié pourquoi il conviendrait d’additionner la richesse réelle et la richesse « négative » que sont les dettes. C’est seulement en cas de crise que l’on reprend douloureusement conscience de la différence. La valeur d’un billet de 10 euros est 10 euros. Son pouvoir d’achat peut varier quand les prix montent, mais sa valeur reste fondamentalement la même. Quant à une reconnaissance de dette, son cas est tout à fait différent. Il faut l’évaluer en fonction du risque, selon la probabilité que le remboursement ait lieu réellement. Lors des crédits hypothécaires qui avaient déclenché la crise aux USA, leur valeur tombait à zéro. Et les masses monétaires M1, M2 fondaient soudainement comme neige au soleil. Où est passé l’argent, se demandait-on naïvement ? La monnaie liquide est toujours là, mais tous les crédits et reconnaissances de dettes ont disparu. Les économistes n’ont certes pas inventé ces calculs douteux uniquement pour faire plaisir au secteur bancaire. Objectivement, ceux-ci sont cependant très commodes pour l’industrie financière. Mais les économistes se sont trompés, on ne peut pas simplement additionner ces deux types de quantités. L’un des chiffres est réel, l’autre est virtuel.

Fuchs: La ligne de défense du secteur bancaire est que l’argent public employé pour leur sauvetage ne serait que des garanties et que cet argent ne serait en réalité pas réellement perdu et qu’il pourrait, dans certaines circonstances, être aussi bien restitué, que faut-il en penser ?

Jorion: Prenons par exemple une “mortgage-backed security”, un titre garanti par des hypothèques. Y sont contenus les crédits hypothécaires de 3000 propriétaires de maisons. Chaque fois qu’ils paient une mensualité, de l’argent parvient aux titulaires du titre (investisseurs). Si le titre papier est émis en 2007 et si certains débiteurs ont cessé de payer leurs mensualités, ce titre ne vaut peut-être plus que 83 cents par dollar (investi). Les banquiers disent alors que si les autres débiteurs continuent à payer, il n’y a pas de raison de décoter encore davantage ce titre, il suffit de le conserver sans s’inquiéter jusqu’à sa maturité. Mais ceci est ridicule, car rien ne vient soutenir la supposition que la situation s’améliorera nécessairement l’année prochaine ou dans deux ans. Sous-tend cet type d’argumentation la méthode de valorisation “mark to model” qui renvoie à la représentation d’une situation idéale où toutes les difficultés du présent auront été éliminées. Le taux de chômage par exemple ne varie pas brusquement d’une semaine à l’autre. Il est soumis à des cycles long. Aux USA, on a ainsi fêté dans l’euphorie le fait qu’en mars avaient été créés 162.000 nouveaux emplois. En y regardant de plus près, on constate qu’un tiers des emplois étaient des embauches provisoires pour le recensement décennal de la population, et un autre tiers avait été postulé à partir des fluctuations historiques de création et de disparitions d’entreprises aux USA. Ce qui veut dire que 50.000 seulement de ces emplois sont réellement nouveaux. On sait cependant que l’Amérique aurait besoin, pour confirmer son rétablissement économique, de 250.000 emplois neufs par mois pour les cinq années à venir. On peut bien sûr être un optimiste incorrigible qui image que demain au réveil tout se retrouvera miraculeusement comme avant la crise.

Fuchs: Est-ce à dire que les tristement célèbres “bad banks” sont des tombes où l’on a enterré de l’argent ?

Jorion: La probabilité d’une réanimation est en effet aussi élevée que dans un cimetière. En mars 2008, le ministre des finances américain Henry Paulson avait orchestré le rachat de Bear Stearns par JP Morgan. Il déclara par la suite à plusieurs reprises publiquement que ce sauvetage était unique et qu’il ne serait pas possible de le répéter. Il le redisait encore quand survint, 6 mois plus tard, la faillite de Lehman Brothers. On avait enfoui les déchets financiers toxiques de Bear Stearns et vissé par dessus un couvercle comme s’il s’agissait d’un deuxième Tchernobyl. Personne ne devait y toucher, personne ne devait savoir ce qui s’y cachait. Seule l’insistance des médias, de Bloomberg et de Fox News, a fait que le contenu a dû être dévoilé. On a dévissé le couvercle pour jeter un coup d’œil dans le sarcophage, et on a pu constater que ce qui s’y trouvait n’avait absolument aucune valeur.

Fuchs: Si je vous ai bien compris, vous attribuez à une sorte de perversion de la nature de l’argent, à un fétichisme de l’argent, le véritable arrière-plan historique et culturel de ce à quoi nous assistons maintenant sous sa forme extrême. On a fait, à partir d’un instrument destiné à l’échange, à savoir l’argent en tant qu’instrument de la circulation, un instrument d’accumulation de la valeur. En quoi est-ce un mésusage de l’argent, car, enfin, la formule de l’intérêt est pour nous, depuis la renaissance, liée à l’usage de l’argent ?

Jorion: On peut dire que l’argent est un instrument neutre qui n’a comme tel un effet ni positif ni négatif. Il constitue un simple substitut du troc : une marchandise spécialement conçue pour l’échange. Une image tout à fait différente émerge cependant au plan historique. A l’origine, les sociétés féodales étaient dominées par la caste des guerriers qui s’appropriait les terres par la force. Ils sont ce que Hegel nomme les “Maîtres”. En face d’eux se tient la majorité de la population, les « esclaves » devenus “serfs” par la suite. Les uns travaillent, les autres règnent sur eux. Pour pouvoir faire circuler les produits issus de cette division du travail, il fallait les marchands. Ils vont de pays en pays, vendent leurs marchandises et vivent de leur profit. Pour ce commerce, on a besoin de l’argent comme instrument de la circulation. Au moyen âge et surtout pendant la renaissance, les régnants font une découverte surprenante. Ils n’ont plus besoin de la violence comme base de leur règne. L’argent rend le même service. Avec lui, on peut amener quelqu’un à travailler pour soi, sans autre violence. La révolution française et sa nouvelle redistribution du pouvoir n’a rien changé à cela. Les aristocrates ont vite compris qu’il pouvaient renoncer à leurs privilèges seigneuriaux s’ils possédaient suffisamment d’argent. L’épée ou le sabre ne sont plus nécessaires, on peut arranger tout cela de la même manière avec de l’argent. Aristote avait reconnu cet aspect de l’argent comme l’héritier de la violence sociale. L’argent reflète le rapport de domination et remplace l’instrument de la violence.

Fuchs: Que devrait-on donc faire pour neutraliser cet effet antidémocratique renforçant les dominations dans nos sociétés, pour l’affaiblir voir l’annuler ?

Jorion: Ce qui avait été fait en 1929, a été refait en 2007 : attendre jusqu’à ce que la concentration de la richesse sociale devienne telle que tout le système s’effondre. C’est alors seulement que l’on repense soudain à la redistribution. Dans les années trente, ce sont des instruments redistributifs que Keynes avaient proposés en Angleterre et qui furent appliqués également aux États-Unis. Pour Keynes, le plein-emploi était l’objectif primordial. Il faut se souvenir que l’on assistait alors en Angleterre à une montée en puissance parallèle du fascisme et du communisme. L’enjeu devenait crucial. La démocratie était menacée sur deux flancs par des idéologies totalitaires. Pour Keynes, il fallait combattre le mécanisme de concentration de la richesse. Il fallait que l’argent soit redistribué de manière plus équitable. Pour que les gens consomment à nouveau et puissent aussi acheter les marchandises produites par eux, il fallait avant tout leur donner du travail et rémunérer celui-ci d’une manière adéquate.

L’instrument de la redistribution par l’imposition qui accompagne l’État keynésien, est, hélas, aujourd’hui émoussé. On a permis en particulier aux entreprises de l’économie réelle de se transformer en entreprises quasi virtuelles. Elles distribuent leur chaîne de création de richesse sur un grand nombre de pays, et bénéficient de la concurrence mondiale existant entre eux pour les derniers emplois restants. On permet à la richesse socialement produite de se réfugier dans un espace virtuel et quasi transnational. Il ne faut pas négliger non plus l’influence de l’argent sur la politique. Il est plus aisé de se faire élire à un poste politique quand on appartient à un parti soutenu par l’industrie financière. Cela a conduit aux États-Unis à un système qui se rapproche de l’ancien système électoral censitaire. La cour suprême des États-Unis a récemment suspendu pour les entreprises toute limitation des dons politiques. Et ce en invoquant le principe de la libre expression ! Naturellement, les entreprises ont des ressources financières d’un tout autre ordre que l’individu moyen. Avec de l’argent, on s’achète de l’influence sociale. Un coup d’état n’est donc pas nécessaire, pas besoin d’envoi de troupes. Une fois encore : l’argent procure le même type de service.

Fuchs: Il y a une autre proposition de Keynes que vous préconisez, c’est la monnaie synthétique mondiale qu’il appela le “bancor” et qu’il a proposée à Bretton Woods, mais qui ne fut pas retenue. Dans quelle mesure cela pourrait-il nous venir en aide dans le contexte actuel ?

Jorion: Il faudrait vérifier si le bancor pourrait vraiment constituer une solution. Dans son principe, il ressemble beaucoup aux droits de tirage spéciaux que le Fonds Monétaire International a institués. La crise grecque et de l’euro a très nettement souligné qu’une monnaie devrait correspondre à un espace économique poursuivant une politique économique intégrée. Les États-Unis ont ancré dans leur constitution la solidarité économique entre les états de la fédération. La Californie et ses excédents d’exportation doit pouvoir répondre de la Géorgie beaucoup moins riche. Cela ne pourrait pas fonctionner autrement. On ne peut revendiquer tous les avantages d’un espace monétaire unique et sans risque de change pour son industrie domestique d’exportation et en même temps refuser toute responsabilité pour le déséquilibre économique au sein de cette zone économique. Je parle évidemment du champion du monde de l’exportation, l’Allemagne, et, au niveau de l’économie mondiale, de son concurrent, la Chine. On ne peut pas en tant qu’économie nationale, qui s’est quasi spécialisée dans l’exportation, reprocher aux autres qu’ils n’exportent pas autant. Vers où doivent-ils exporter ? Tant que la planète Mars ne s’ouvre pas comme un nouveau marché vierge, il n’y a pas d’issue. Le commentateur en chef du Financial Times, Martin Wolf, a très bien décrit cela. Les Allemands ont renié la parole du philosophe Immanuel Kant : un principe moral doit toujours valoir pour tous, il doit être universel. Mais tous ne peuvent devenir champions du monde de l’exportation.

Keynes a reconnu ce problème. Il était à la recherche d’un système qui serait en mesure de compenser des déséquilibres dans les bilans commerciaux. Le noyau de son plan bancor était de créer une monnaie de compte qui sanctionne les excédents aussi bien que les déficits commerciaux. Car les deux sont nuisibles dans le cadre d’une économie mondiale durable. Malheureusement, sa conception n’a pas pu s’imposer à Bretton Woods. Son concept général, il faut le mentionner, n’était pas neuf. Un système d’accords bilatéraux équilibrés entre l’Allemagne et d’autres pays avait été mis au point par Hjalmar Schacht qui avait été président de la Reichsbank et ministre de l’économie d’Hitler. Schacht a été jugé après la guerre à Nuremberg pour complicité dans la mise sur pied de la machine de guerre allemande. Il a été acquitté. Quoi qu’il en soit, Keynes n’a jamais fait mention de la parenté intellectuelle entre son propre projet et des applications d’inspiration commune dans l’Allemagne vaincue. Cela aurait jeté la suspicion sur leur bien-fondé dans la période d’après guerre et aurait pu compromettre toute chance de leur mise en application.

Fuchs: Le mainstream économique a déjà évacué la crise : « Des signes positifs se pointent à l’horizon », « Le pire est derrière nous ». Vous êtes beaucoup plus pessimiste, vous croyez au “double plongeon”, ce profil en forme de W où la deuxième jambe sera beaucoup plus dramatique que la première. Cette seconde partie, sur quelle champ se joue-t-elle ? Sera-ce une crise de l’endettement public ? Sera-ce une crise de la demande déclenchée par l’épargne ? Donc une crise déflationniste, se produira-t-elle?

Jorion: Je pose d’abord une première question : où se trouve donc ce mainstream dont vous parlez ? Il s’agit de quelques journaux, de quelques stations de télévision, certainement pas la majorité des opinions exprimées ! Il y a eu en avril un sondage en France. On demandait aux gens s’ils croyaient que la crise état terminée. 75 % ont répondu non.

Ce qui se profile devant nous, c’est la maladie japonaise : une période de stagnation se traînant en longueur, accompagnée d’une déflation. Pour Keynes, la déflation était le plus grand des dangers. Plus personne ne dépense, car tout pourra être obtenu demain encore meilleur marché. L’économie se fige, le chômage monte en flèche, et on assiste à la paupérisation de large couches de la population.

La récession va reprendre en vigueur, les états nationaux ont épuisé leurs munitions. Ils sont incapables de recharger leurs armes. Le sauvetage du secteur bancaire a épuisé les dernières réserves. Pour lui, les États ont dépensé plus qu’ils n’avaient. Dans leur grande majorité, ils sont tout aussi insolvables que la Grèce. La tentation est grande de réduire la charge de la dette par l’inflation. Mais l’inflation, c’est incendier la plaine, c’est un processus qu’il est impossible de maîtriser.

On me pose souvent la question si nous sommes en train de vivre la crise finale du capitalisme. C’est en effet à une sorte d’agonie que nous assistons. Il ne mourra peut-être pas pour les raisons que Marx avait prédites. Mais cela n’y change rien. Le système peut être mortellement blessé, alors même que Marx se serait trompé.

Il faut agir sans tarder, il faut empêcher l’industrie financière de causer davantage de dégâts. Depuis trois ans, je plaide pour l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Mais rien ne bouge. Des sommes énormes sont soustraites à l’économie par des tours de passe-passe spéculatifs. Tout ça est très très dangereux.

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http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/banque-et-finance/marc-fiorentino-le-public-doit-savoir-que-les-marches-sont-manipules/article-1194734790073.htm

17 mai 2010

Marc Fiorentino : «Le public doit savoir que les marchés sont manipulés !»

Fortis ? «On a fait paniquer les gens pour qu'elle puisse être ‘ramassée à la casse’.» La Grèce ? «C'est un test avant la ‘mère des batailles’ sur la dette américaine.» Qu'est-ce qui arrêtera les spéculateurs ? Morceaux choisis de Marc Fiorentino, l'un des gourous les plus courus de la place financière parisienne, qui prédit l'implosion prochaine de l'économie chinoise.

Marc Fiorentino

Marc Fiorentino © Antoine Moreno

Marc Fiorentino est un financier qui s'assume mais qui n'assume pas pour autant tout ce que la finance fait. Sa deuxième vie, à côté de la finance, est l'écriture. Ce Français de souche tunisienne est en effet aussi, «à titre accessoire », l'auteur comblé de véritables bestsellers - le dernier en date étant Pour tout l'or du monde (1). Fortune faite mais pas « rangé des voitures » pour autant, il dit avoir écrit son dernier roman avec la volonté de raconter et de vulgariser ce qui peut se passer réellement dans les coulisses du secteur financier, un monde qu'il connaît au demeurant fort bien pour y travailler lui-même depuis maintenant 26 ans. Morceaux choisis d'une rencontre dans son bureau parisien, au siège de ses sociétés (Euroland, Allofinance...), basé... rue Balzac.

Que pensez-vous de la situation en Grèce ?

Marc Fiorentino : C'est la genèse de mouvements beaucoup plus forts. C'est un « test » avant de mener un jour « la mère de toutes les batailles », celle sur la dette américaine. Le grand public doit donc comprendre que les marchés sont en fait manipulés. Pour l'instant, les fonds spéculatifs fourbissent leurs armes sur des cibles plus petites. Et tout comme Hitler a envahi la Pologne et la Tchécoslovaquie avant de s'en prendre finalement à la France, les fonds spéculatifs s'en prennent pour l'instant à la Grèce avant de s'en prendre par la suite aux Etats-Unis !

Mais de là à imaginer que les Américains accepteront de se (sou)mettre au régime sec du FMI...

Les Américains n'auront pas envie de se défendre et, à la limite, ils en appelleraient presque de leur voeux une attaque sur la dette américaine !

Pourquoi ?

Dans le langage populaire, on dit aux Etats-Unis que « ce qui est bon pour General Motors est aussi bon pour l'Amérique ». Et GM est en... chapter 11 [NDLR : en concordat] ! Bref, les Américains finiront un jour par dire : « On vous doit 100 mais on ne vous remboursera que 60. Ainsi, on restera debout et on sera toujours vos clients ! » La mentalité des Américains est ainsi faite qu'ils n'ont pas la même idée que nous, Européens, de la cessation de paiements. Là-bas, ne dit-on d'ailleurs pas qu'il faut avoir fait faillite deux fois avant de réussir ?

Pensez-vous que les Chinois vont laisser faire ?

Le monde aura en tout cas à se préparer à un nouveau Bretton Woods. Dans les faits, on permettra certainement aux Etats très endettés d'annuler une partie de leurs dettes, tout comme ce fut d'ailleurs le cas avec l'Amérique du Sud dans les années 1980. Quant à la Chine, elle a évidemment tout intérêt à laisser l'économie américaine debout. Ne serait-ce déjà que pour pouvoir continuer à y écouler ses produits...

Peut-on dès lors imaginer dans la foulée une flambée du cours de l'or ?

Avant d'arriver à une solution de réalignement international, il y aura au bas mot une année de pourparlers mais, en cas de crise, l'once d'or pourrait, qui sait ? monter jusqu'à 2 000 à 3 000 dollars...

Quand verriez-vous ce scénario se dérouler ?

D'ici à deux ans au maximum. Le plus paradoxal est que les problèmes viendront selon moi de... la reprise économique !

Pourquoi ?

La reprise économique provoquera immanquablement une hausse des taux d'intérêt, donc une hausse du coût de la dette. Cette situation sera particulièrement difficile à supporter pour les Etats déjà surendettés, avant que l'inflation ne vienne tout de même réduire le poids réel de cette dette. Cela étant, ce que d'aucuns oublient un peu vite, c'est que si l'inflation augmente, les taux d'intérêt augmenteront à leur tour aussi, et donc le poids de la charge de la dette. Et quand on sait que, pour beaucoup de pays, c'est déjà le principal poste budgétaire...

Nous vivons dans un monde globalisé. La crise des subprimes nous l'a suffisamment démontré. Quid alors, selon vous, des répercussions chez nous ?

Chez nous, la situation est différente : historiquement, les Etats se sont endettés pour rendre des services aux ménages, services qu'ils ne payaient pas. Les ménages ont donc ainsi eu de quoi épargner. En France, l'épargne des ménages est égale au volume de la dette de l'Etat. On vit donc dans une sorte d'autarcie financière. Si, demain, le monde financier devait exploser, l'Etat français pourrait se financer auprès des ménages. En fait, notre chance, c'est de vivre sur un continent d'épargnants, moins dépendant qu'on ne l'imagine des marchés étrangers.

En Grèce, le remède de cheval imposé par le FMI et l'Union européenne a mis les gens dans la rue. Imaginerait-on « demain » pareil scénario chez nous ?

Le jour où les gens ont peur, on peut leur demander n'importe quoi ! En 2008, en contrepartie de la garantie sur leurs dépôts bancaires, les gouvernements auraient par exemple pu demander aux gens de travailler 3 ans de plus ! Ils ont loupé là l'opportunité de demander des sacrifices à la population sans révolte sociale en corollaire !

Est-ce cependant normal et acceptable de voir la spéculation in fine acculer les populations à de si lourds sacrifices ?

Notre système social est en fait utopique. Les Etats européens ne peuvent plus assurer le vieillissement de la population et assumer leur responsabilité en termes de sécurité sociale. En l'état actuel des choses, le financement structurel des retraites est impossible. Ne vous trompez pas, je ne dis pas que c'est bien, je vous fais juste part de la réalité face à laquelle on va se retrouver. Vous savez, en Europe, les gens continuent à croire que l'Etat est une sorte de deus ex machina, bref, une sorte de création divine où l'argent viendrait du ciel. Or l'argent vient de la poche des gens et tout est fait a priori pour fonctionner en circuit fermé. Si on sort du modèle, on se retrouve alors dans une situation à la grecque avec, à la clé, un dur rappel à la réalité. En deux mots, le modèle européen - du fait du vieillissement de sa population - ne fonctionne plus et les politiciens n'ont pas le courage affiché de le remettre en cause. Ils n'ont évidemment pas envie d'avoir une grève générale alors qu'il y a toujours une phase d'élection en ligne de mire. Ils attendront donc patiemment que le système explose, comme en Grèce. Et ils finiront par dire aux gens : « C'est comme ça ou bien on ne nous prête plus d'argent ! »

Et la Chine dans tout cela ?

La Chine ne sera pas « attaquée », elle va carrément imploser !

Qu'est-ce qui vous amène à cette affirmation ?

Cela fait plus de vingt ans que je m'intéresse aux « bulles ». J'ai une check-list de 20 critères qui font qu'on est ou non dans un phénomène de « bulle ». Pour la Chine, j'ai déjà coché au bas mot 15 des 20 cases de ma liste ! Ce pays entretient le mensonge permanent. Ainsi, contrairement aux Etats-Unis et à l'Europe, la Chine n'accepte pas la chute de son PIB. Du coup, elle maintient artificiellement sa croissance économique au-dessus des 8 % fatidiques. Et pour cela, elle a pourri - c'est le terme - le bilan de ses banques. Obligées de prêter à des régions, à des collectivités pour des projets qui ne seront jamais rentables, les banques chinoises croulent aujourd'hui sous les mauvaises créances. Cela étant, prestige oblige, si la Chine fera tout pour tenir jusqu'au terme de l'Exposition universelle de Shanghai, je n'ai cependant pas le moindre doute sur l'implosion prochaine de l'économie chinoise !

Concrètement ?

Ce sera pour elle un retour cinq ans en arrière, comme ce fut le cas au Japon dans les années 1980. Et il lui faudra cinq à sept ans pour revenir dans la course. Géopolitiquement, il y a du positif là derrière. En effet, depuis des années, en donnant l'impression qu'elle a vraiment d'immenses réserves de change (en occultant une dette tout aussi abyssale), la Chine a politiquement renforcé des Etats « peu fréquentables », tels l'Iran, le Soudan et nombre de dictatures africaines. Là aussi, des cartes vont être redistribuées.


La crise financière de 2008 nous a démontré que la finance est mondialisée. Faut-il ici rappeler à quel point nous avons souffert en Europe - et singulièrement en Belgique - des conséquences des défaillances sur les prêts hypothécaires américains ?

Tout cela a été une énorme arnaque ! On s'est servi d'une crise extérieure - qui nous a certes touchés mais pas autant qu'on l'a dit - pour provoquer une panique qui a permis à certains de redistribuer les cartes, décrochant le gros lot au passage. En Belgique, on a fait volontairement paniquer les gens sur Fortis, histoire que Fortis puisse être « ramassée à la casse » et que les actionnaires soient « nettoyés ». Je ne suis pas là dans la théorie du complot. Je m'inscris juste dans la logique de l'industrie où on profite des circonstances pour acheter son concurrent à bon prix. Fortis était une très bonne affaire pour BNP Paribas !

Dans la foulée de la crise financière, les Etats s'étaient engagés à mieux réglementer le secteur financier. Où en est-on aujourd'hui entre « l'effet d'annonce » et « l'annonce des faits » ?


Nulle part ! Et le drame est dans l'hypocrisie des politiciens. Aux Etats-Unis, le président Obama avait clamé en arrivant au pouvoir : « Les bonus obscènes, c'est fini ! » Un an après, Citi, bien que détenue par l'Etat américain, a quand même versé de plantureux bonus ! En Grande-Bretagne, par contre, la taxe sur les bonus rapporte énormément d'argent. Le gouvernement anglais escomptait 500 millions de livres. Elle lui a finalement rapporté 2,8 milliards de livres ! En France, les discours de Sarkozy - qui se prend pour Besancenot - me fatiguent. Il nous a sorti 1 000 mesures pour relancer l'économie et seules 80 sont appliquées. Vous savez, les gens ne sont pas dupes. Voyez l'écart de popularité qui existe aujourd'hui entre un président qui ment et un Premier ministre qui parle vrai. La popularité va aujourd'hui à celui qui dit la vérité.

Un mot de conclusion à l'adresse des politiciens ?

Est-ce qu'il y a des gens qui gagnent à tous les coups ? Oui : les grands patrons des hedge funds, ces machines à faire de l'argent et qui ne font leur métier que sur le dos de la bêtise des gens. Ainsi, si on laisse fonctionner un marché des CDS (Credit Default Swaps) grecs sans réglementation, il ne faut pas se plaindre de voir ensuite les fonds gagner de l'argent en attaquant l'euro. Le métier des spéculateurs, c'est de gagner de l'argent, point. Et permettez-moi de rappeler au passage que dans les années 1980, la Fed [NDLR : la banque centrale américaine] et la Bundesbank [NDLR : son alter ego allemand] engageaient des traders et les payaient très cher. Leur objectif était alors de se battre avec les mêmes armes que ceux qui étaient en face d'elles. L'expérience fut concluante. Pourquoi n'envisagerait-on rien de comparable aujourd'hui ?

(1) Ed. Robert Laffont, 2010, 414 p.

Propos recueillis par Jean-Marc Damry (LeVif/L'Express), à Paris

Thursday, 20 May 2010

uk: how many casa pia?

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http://aangirfan.blogspot.com/2010/05/mysterious-deaths-of-children.html

Thursday, May 20, 2010

MYSTERIOUS DEATHS OF CHILDREN

Lianne Smith and her daughter.


On 20th May 2010 we read about Lianne Smith.

Lianne Smith ran a nursery for children aged 3 to 6 in Barcelona.

In the UK, she was head of the Cumbria County Council department set up to protect children.

She is supected of killing her two young children, five-year-old Rebecca and 11-month-old Daniel, in a Spanish hotel.

On 8 may 2010, in Barcelona, her partner, Martin Smith, was arrested.

The 'former TV psychic' is accused of rape, gross indecency, indecent assault and attempted rape, all against a child under 16.

The allegations date back to 1995.

It was back in December 2007 that Lianne Smith, her daughter Rebecca, and Martin Smith went missing from the UK.




On 20 October 2009 we learnt that 11 year old Dylan McDonald had been found hanged at a children's home, the Appletree Centre, in Cumbria in the UK.

The school caters for up to 14 children aged six to 12.

Dylan's family were due to apply to regain custody of their son in November 2009.

Dylan's body was spotted by kids playing outside, hanging outside his bedroom window.

Teachers found him still alive, suspended from a large Victorian window.

Dylan was driven to a hospital in Lancaster where died.

His family said he had showed no warning signs of a desire to commit suicide.

Uncle Shaun McDonald told how Dylan had been excitedly looking forward to trips back home to see his dad Peter and mum Sharon at Hallowe'en and Christmas.

Mr McDonald, from Warrington, said: "When Peter went to see him on Sunday, he was laughing and joking.

"They took him out for meals and Dylan was really looking forward to coming back home later this month.

"We've been told he may have had an argument with a teacher, or another pupil on Monday, and he was a bit down on Tuesday.

"But, essentially, why he did this is a mystery."

Knowsley Council, whose care Dylan was in, stated that an enquiry was underway.

Dylan had spent the last three years at the care home.

His uncle said that he had a good relationship with his parents and would see them every fortnight on visits.

Jersey in the UK has links to child abuse.

A sex abuse victim at Jersey's Haut de la Garenne children's home "told how two of his pals hanged themselves after being raped."

"Carl Denning also chillingly recalled how a boy died mysteriously in a sick bay used by staff and their paedophile pals. (Jersey kids' home Haute de la Garenne Sex abuse victim Carl.)

A boy of 14 hanged himself because he could not bear going back to the notorious Jersey children's home, Haut de la Garenne.

Michael O'Connell had told best friend Terence Bizouarn in 1966 he would kill himself rather than return to Jersey's Haut de la Garenne - and he took his own life four days later. (Boy hanged himself over return to Jersey's Haut de la Garenne care home)

'Disinformation agent' David Rose has tried to make out that the problems at Haut de la Garenne were exaggerated. (Bungled Jersey child abuse probe branded a '£20million shambles.)

This is the same David Rose who told us that Iraq had weapons of mass destruction. (David Rose - disinformation agent?)

Neve Lafferty and Georgia Rowe, who were staying at a care home, fell to their deaths from the Erskine Bridge.

Neve Lafferty, 15, from Helensburgh in Scotland, and Georgia Rowe, 14, from Hull in England, were staying at the Catholic Church's Good Shepherd care home in Renfrewshire, in Scotland.

On 4 October 2009, the two girls fell to their deaths from the Erskine Bridge over the River Clyde. ('Suicide' girls' care home reveals runaway figures.)

On 6 October 2009, we read about a damning report into Birmingham's children's services following a series of child deaths. (Social services deemed 'unfit' to protect city's needy children)

In 2009, the Ryan Commission revealed endemic abuse in children's institutions in Northern Ireland.

Ireland's most notorious paedophile, Fr Brendan Smyth, regularly preyed on children in the Nazareth institutions. (Spotlight on catalogue of cruelty)

Goldup

In October 2009, we learnt that the UK Government’s childcare watchdog (Ofsted) has appointed John Goldup as its social care director. (Top Ofsted job for official embroiled in council child sex scandal.)
Goldup will have effective control of the protection of kids in care homes and nurseries across the UK.

During the Eighties and early Nineties, Goldup was the second top person in the children’s department at Islington Council in London.

A major child sex ring operated throughout Islington borough’s care homes in the 1980s and 1990s.

On 1 October 2009, we read about a child abuse scandal at the council-run Merkland Children's Home in Moffat, in Dumfries and Galloway in Scotland.
Peter Harley, the officer once in charge at the home, was jailed for 15 years. (Council makes £20000 payout to sex abuse victims after children's ...)

In Thailand, and elsewhere, it is agents of the government who reportedly keep the child brothels in business.

In Belgium, it was top policemen and judges who reportedly protected Dutroux's child abuse network.

In the USA, the military have been linked to organised child sex abuse networks.

Is it the same in the UK?

On 6 May 3009, The Guardian (UK) revealed that children from a UK children's home have ended up in UK brothels.

(Trafficked children lost by care home)

A 59-bed local authority home "has been used as a clearing house for a trade in children that stretches across four continents."

Since March 2006, at least 77 children have gone missing from the home, which is operated by the London borough of Hillingdon.

Some of the children "simply walk out of the front door into waiting cars."

Where are the police?

Wathelet - allegations of child abuse


In 1992, Belgian Justice Minister Melchior Wathelet released Marc Dutroux on parole.

Dutroux had served slightly more than three years of a 13 year sentence for raping young girls.

Dutroux was later convicted of having kidnapped, tortured and sexually abused six girls during 1995 and 1996, ranging in age from 8 to 19, two of whom he murdered. - Melchior Wathelet - Wikipedia, the free encyclopedia

The following comes from Werkgroep Morkhoven :

"According to a police document from the Dutroux enquiry, obtained by The Sprout, serious allegations about Wathelet’s involvement in paedophilia came to light.

"In these documents, a police source and senior psychotherapist informed a colleague of a session he had been having with a client. The client disclosed the details of events in Verviers (where Wathelet was Mayor) during 1992. He spoke of orgies that had been taking place in a country house where two children had been involved.

"These children, between 8 and 10 years old, had come from a children’s home, with the complicity of the director of the home. The 'party', it is alleged in the police documents, was organised partly by Wathelet. The client reported his involvement in the parties to the children’s welfare office in Verviers and to the local police. In return he received threats from both organisations and from other parties...

"This case was never investigated; as the police report confirms: 'the 2 dossiers on the child welfare services have disappeared'.

"Three years after this report, Wathelet became Belgium’s Minister for Defence in June 1995 but was rapidly nominated to the post of Belgium’s representative at the European Court of Justice in Luxembourg, where he arrived on the 2nd September."


The Jersey Attorney General, William Bailhache ( AG defends rape case bail decision)

Sir Philip Bailhache, Bailiff of Jersey


According to The Times, 14 August 2008, the Jersey child abuse case appears to be being hampered by certain important people.

Jersey detective’s fury as release of abuse suspects 'scares off 'witnesses.

Former policeman Lenny Harper claims that the island’s Attorney-General, William Bailhache, and his office are held in 'total contempt' by victims of child abuse after repeatedly failing to bring offenders to justice.

Mr Harper’s memo claims suspects are being freed without charge on apparently spurious grounds.

In the UK, it has been alleged that dangerous child abusers held key positions in certain local government authorities, such as Islington in London.

It has been alleged that these dangerous child abusers had links to child abuse on the island of Jersey and beyond.

(aangirfan: Jason Swift; Islington children's home; hundreds of ... / aangirfan: THE ZANDVOORT NETWORK, JERSEY, DUTROUX, PORTUGAL...)

In The Mail on Sunday, 3 August 2008, Eileen Fairweather, wrote that Birmingham council illegally sent children into care on Jersey, according to a report by John Hemming, Liberal Democrat Member of Parliament for Birmingham Yardley.

According to The Mail on Sunday:

1. Member of Parliament John Hemming discovered that Children were illegally placed in care on Jersey by Birmingham social services.

The whereabouts of at least one of these children remains unknown.

2. John Hemming, believes children from other parts of the UK were taken to Jersey.

3. Hemming says: 'The Government has refused to order councils to check properly because it does not want to open a can of worms, on the links between abusers in England and Jersey.'

4. UK Schools Minister Kevin Brennan has told Parliament that children from the UK cannot be placed in care in Jersey without a court order.

Yet Birmingham children were sent to Jersey without such orders.

5. Hemming has asked English councils (local governments) to check their records but 'Most seem only to have done cursory checks, just checking recent electronic files, or asking around the office.'

Some councils, including Islington, have refused to check their records.

6. In Islington in North London a child sex network infiltrated 12 children's homes, while Margaret Hodge (friend of Tony Blair) was council leader.

Key staff, The Mail on Sunday revealed, were from Jersey or had strong Channel Islands connections.

Liz Davies, a former Islington senior social worker, said:

'It is becoming clear that children at Haut de la Garenne (on Jersey) were sent on holiday to children's homes in England which were also notorious for abuse, while the children in the English homes they went to were sent to Haut de la Garenne. They literally swapped beds...

'I am perturbed that police in Britain have not written to all local authorities on the mainland to demand they check which children they sent to Jersey.'


Jason Swift


In 1985, 14-year-old Jason Swift was killed by a child-abuse gang.

Jason is believed to have lived in Islington council's Conewood Street children's home. (Jersey child abuse link to Islington, London)

Sidney Cooke, Leslie Bailey, Robert Oliver, and Lennie Smith, were imprisoned in 1989 for the manslaughter of Jason Swift.

Cooke and his gang had sexually tortured and prostituted a number of boys.

The gang is believed to have killed at least nine children.[2]

Cooke was sentenced to 19 years in prison.

In 1998, Cooke was let out of prison eight years early.

There have been allegations that very powerful people have been involved in a child-abuse ring connected to Islington children's homes. ( Jersey child abuse link to Islington, London)

In 1982 Margaret Hodge (nee Oppenheimer) became Islington council leader.

She became a close friend of Tony Blair, who lived in Islington, a few doors away from Hodge.

In February 1990 Liz Davies and David Cofie, senior social workers, discovered evidence of sex abuse of children and reported it to a residents' meeting attended by Mrs Hodge.

In May 1990 Mr Cofie and Ms Davies were told by Lyn Cusack, assistant director of social services, to stop interviewing children about the abuse claims.

On 1 May 1997 Tony Blair moved from Islington to Downing Street.

In June 2003 Mrs Hodge was made minister for Children. (Another minister under fire: call for Hodge to quit over child ...)

The Independent, 9 March 2008, has an article on missing children (Our children are missing: Most vulnerable youngsters are targeted) which tells us the following:

Sarah Benford, 14, disappeared from Welford House children's home in Northampton in April 2000.

She is still missing.

The UK's Police National Missing Persons Bureau has 1,418 "open cases" of missing children.

According to Police figures more than 100 children who should be in care have been missing for at least four years.

Many children who go missing are not reported to the police.

Member of parliament Helen Southworth says: "All figures on children missing from anywhere are estimates because, astonishingly, there is no requirement for data to be recorded or collected nationally."

Almost 1,000 children went missing from UK residential and foster care in 2007.

The number that went missing from care increased from 570 in 1997 to 950 in 2007.

1. Cosham's Children's Cottage Homes in Portsmouth, across the water from Jersey, is at the centre of a child abuse scandal.

Two former child residents of Cosham's Children's Cottage Homes claim children were taken from their dormitories during the night and disappeared.

Reg Tugatt, 59, a former resident of Cosham's Children's Cottage Homes says he saw 'suspicious holes dug'.

Reg has given police a map showing holes dug in the vicinity of Cosham's Children's Cottage Homes - in a wood and near an orchard. (Police handed map of holes at child abuse scandal home / Second 'abuse' victim speaks out)

Reg said he was taken into care at the home in 1956, aged eight, and stayed there for three years.

2. A spokeswoman for Hampshire Police said: 'We have no plans to dig up any sites in Portsmouth and continue to hold the position that there are no links between allegations made in reference to the Children's Cottage Homes in Cosham and the ongoing investigation in Jersey.'

3. Les Cummings, 63, is campaigning for an apology from Portsmouth City Council for the abuse he claims to have at the hands of his foster father and at the Children's Cottage Homes.

A total of 21 men and women told detectives they suffered physical and sexual abuse as children at Children's Cottage Homes.

A 78-year-old woman from Devon was arrested on suspicion of indecent assault but when police passed the file to Crown Prosecution Service lawyers they decided there was not enough evidence to charge her.

Les Cummings went to police to ask them to look again at their earlier investigation into the claims of 21 men and women.

The Crown Prosecution Service examined allegations against the centre but decided not to prosecute.

Both Reg and Les claim that a number of children were taken from their dormitories during the night and disappeared.

4. In 2001, former Mayor of Portsmouth Freddie Emery-Wallis, 'was jailed for nine months after he was found guilty on five counts of indecent assault against two teenage boys.' (Polar)

5. There have been allegations of a large child abuse ring, involving top people, in the Portsmouth area - Cached

6. Police announced on 25 February 2008 that they were investigating claims that the Jersey case was linked to abuse at the Children’s Cottage Home in Portsmouth. - Policed reopen Hampshire child home investigation

7. Fort Monckton, near Portsmouth is reportedly used for the training of MI6 recruits - (Sacked spy's blog takes on MI6).


Child abuse in the UK: Jersey, Kincora, North Wales...

Edward Paisnel, the Beast of Jersey, was the son of wealthy Jersey landowners.

During the period 1958 - 1971, Paisnel abducted and abused a number of children.

Paisnel was a fan of the 15th-century Breton, Gilles de Rais, who murdered around 200 children.

The authorities discovered that Paisnel had a secret satanic chamber. (Sir Peter Crill obituary - Times Online)

Paisnel claimed he was a member of a satanic group. File: /files/Religion/Wicca/witchcraftDeviltry.txt
No other members of the 'black magic group' were ever arrested.

In 1971, Paisnel was convicted of thirteen sex offences against young children, ( The Human Beast ) and sent to jail.

Paisnel, the Beast of Jersey, visited Jersey's Haut de la Garenne orphanage dressed as Father Christmas during his reign of terror in the 1960s (Notorious paedophile dubbed the 'Beast of Jersey' linked to ...)

The police and MI5 are alleged to have links to child abuse in Northern Ireland.

Kincora Boys

1. "For years, MI5 had been aware of a homosexual vice ring operating within the Kincora Boys Home in East Belfast, which was run by William McGrath, a notorious homosexual....

"McGrath... was employed by MI5 since the mid 1960s.

"Amongst various other Loyalist members of the homosexual ring were John McKeague, who ran the Loyalist paramilitary organisation, the Red Hand Commandos, which was involved in many sectarian killings...

"So, MI5 allowed the ill-treatment and sexual abuse of residents at the Kincora Boys Home to continue..."

2. "The role of MI5 sponsored boys homes/abuse circles in Kincora, Northern Ireland, Dunblane, Scotland and probably Cardiff mirrors on a smaller scale the systematic role that State- sponsored child abuse has played in the centres of power in the US and Brussels."- portland imc - 2007.05.11 - Scotland’s May 2007 Election Fiasco

3. "Scallywag Magazine alleged that MI5 used to take foreign diplomats to the North Wales homes, give them boys to 'play' with, secretly filmed them as they buggered, abused and tortured boys then kept the tapes as evidence.

Over a dozen victims who complained of abuse by the paedophile ring 'have met suspicious deaths'." - North Wales paedophile ring, top people, the police and the security services

Now defunct magazine Scallywag covered events at Bryn Alyn in detail

October 1997 (PUBLIC FIGURES NAMED IN PAEDOPHILE RING By Nick Davies 1997) :

"Policemen, social workers and prominent public figures have been accused of belonging to a paedophile ring which indulged in a relentless campaign of physical and sexual abuse in children's homes in North Wales.

"The names of the alleged members of the ring have been given by witnesses in public sessions of the North Wales Child Abuse Tribunal, but they have been suppressed by the tribunal's chairman, Sir Ronald Waterhouse QC, who has threatened the media with High Court proceedings if they print them.

"The Guardian today publishes for the first time detailed evidence about the alleged ring, which is said to have been based in Wrexham, and to have infiltrated local children's homes over a 20 year period.

"Witnesses claim that members of the ring used their connections with police and social services to conceal their activities. All of the accused have denied the allegations.

"Those named to the tribunal include:

"A man who bears the same surname as a prominent Conservative supporter. Two witnesses have told the tribunal of a rich and powerful man who belonged to the alleged ring.

"The son of an influential peer who admitted to police that he had been having sex with an under-age boy from one of the homes. Despite his admission, he was never prosecuted.

"A powerful public official who has previously been cleared of abuse. Six witnesses have given separate accounts to the tribunal of his alleged rape of young boys. Another has reported him attending parties in Wrexham which were supplied with boys from a children's home.

"Two social workers and two police officers, one of whom was accused of abuse on four separate occasions and exonerated each time, another of whom has since been jailed in another part of the country for gross indecency with a child.

"More than a dozen other local men, including an executive with a local authority, a senior probation officer and a director of a major company."

4. "I believe that Hamilton was a major provider of pornographic photographs and videos to a ring of men prominent in Central Scotland, including police officers who protected him from numerous allegations of physical abuse at boys' camps and clubs he ran." - aangirfan: Dunblane

5. Margaret Hodge (née Margaret Oppenheimer) was linked to the alleged cover up of a pedophile scandal. In 2003, Hodge was appointmented as Minister for Children by Tony Blair.

http://society.guardian.co.uk/children/story/0,1074,1087250,00.html

Allegations of child abuse at the Islington children's home were borne out by official inquiries.

6. In a number of Leicester children's homes, between 1973 and 1986, various adults were involved in sexual abuse of children. (Uncovering The Past Abuse of Children in Care ).

These were homes run by Frank Beck. At his trial in 1991, Beck was found guilty of 17 counts of physical and sexual abuse.

There was a Police Complaints Authority investigation into why so many of the complaints made to police by children had been ignored.

7. Quarriers Homes, Nazareth House and St Ninians in Scotland - An independent report for the Scottish government found that there has been massive child abuse in Scottish care homes. (Scotland’s shame )

The Herald, 23 November 2007, provides the details (‘These are the voices that need to be heard’) :

"When she was nine - or thereabouts - she (Elizabeth McWilliams) was raped by the man Quarriers called her house father. 'He took his chance,' she said matter-of-factly.

"Some children complained of abuse. That had consequences. 'Boys,' she said. 'Well, they were hung up on door hangers and their penises tied to doorhandles.'"

Quarriers Homes is a Christian community.

Helen Holland was sent to Nazareth House in Kilmarnock, a children's home run by nuns.

At Nazareth House Helen was raped by a priest.

"When she was eight, a nun pulled a hood over her head to help a priest rape her. The sexual abuse went on for three years until, aged 11, she fell pregnant. The same nun kicked her in the stomach until she miscarried."

She was 'beaten to a pulp' by a nun.

There was abuse at many other homes (The landmark cases: abuse in children's homes )

At St Ninians: "In 2003 Michael Murphy, 69, formerly known as Brother Benedict, a monk with the de la Salle order, was jailed for two years on ten charges of physical abuse during the 1960s, including torturing pupils with an electric shock device, force-feeding them vomit and whipping them with knotted boot laces."

8. Moira Anderson



11-year-old Moira Anderson was last seen boarding a bus in Coatbridge, near Glasgow, Scotland, in 1957.

She was on her way to the shops to buy a box of chocolates for her mum’s birthday.

According to The Sunday Times (Pressure on police to release paedophile dossier), 23 April 2006, Strathclyde Police have a dossier listing members of a child-abuse ring.

This dossier may identify the people who kidnapped Moira.

The dossier is said to implicate senior public figures, including senior police officers and members of the Crown Office and former Scottish Office.

These public figures are said to have abused children in Strathclyde (the Glasgow area) during the 1950s and 1960s.

The dossier is said to list vehicles and safe houses used in Glasgow, Monklands and Paisley where children were hidden before being taken to sex parties.

Strathclyde police have decided not to release the dossier.

The dossier was written by James Gallogley, a convicted child-abuser who died in Peterhead prison in 1999.


Satanic child abuse and the police

Cover-up of the Jersey-Portsmouth link?

PORTSMOUTH AND JERSEY

The British security services, fascism and child abuse.


Corrupt Jersey policemen try to block Jersey child abuse and murder investigation.


Jersey child abuse link to Islington, London

Jason Swift; Islington children's home; hundreds of missing children


Torture and death of British children; the death of Gareth.


The 1999 child abuse scandal in Latvia


The Police Chief, the Judge and Child Abuse


'Jersey care home boss raped his own foster daughter'


Jersey; top people; a cover-up?

Child abuse

Bryn Estyn Boys' Home in North Wales

Child abuse at the Kincora boys' home

Jersey: the cover-up begins?

Jersey, Dutroux and cover-ups

Jersey - Channel TV names top people caught up in the child abuse scandal


Philip Martin Bailhache and Haut de la Garenne in Jersey

Dukes, Freemasons, Jersey...


Jersey victims

Child abuse in the UK: Jersey, Kincora, North Wales, Dunblane, Islington, Leicester, Quarriers Homes, Nazareth House, St Ninians, Coatbridge

Satanic child abuse and the police

Rapes and murders in Canadian boarding schools; thousands died.

Child abuse and murder in Canada


Jersey and famous people


The bin Laden links to the Channel Islands (Jersey and Guernsey)


Child abuse; Jersey; Kincora; North Wales; Dunblane

Satanic child abuse on Jersey.

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update: 4 june 2010

Blundering council staff 'forgot' suspected child abuse victims

Hundreds of suspected child abuse victims were “forgotten” by council staff and wrongly left waiting several weeks to be assessed by social workers, officials admitted.