Thursday, 30 July 2009

xinjang: pekin savait et a laisse faire

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http://www.rue89.com/chinatown/2009/07/28/xinjiang-un-journaliste-a-averti-les-autorites-avant-les-emeutes

Xinjiang : un journaliste a averti les autorités avant les émeutes

Par Pauline Li | Aujourd'hui la Chine | 28/07/2009 | 10H38

Deux semaines après les émeutes, un journaliste ouïgour a révélé qu'il avait prévu les troubles et alerté un jour avant les gouverneurs.

Troupes chinoises à Urumqi, dans le Xinjiang, le 17 juillet (David Gray/Reuters)


Heyrat Niyaz, journaliste ouïgour et membre d'une ONG sur le Xinjiang, publie régulièrement des articles sur la vie des Ouïgours sur son blog. Au fil du temps, l'homme est ainsi devenu une référence auprès des autorités chinoises, qui le consultent à propos de cette région.

Dans une interview accordée à l'hebdomadaire hongkongais China Weekly (en langue chinoise), Heyrat affirme qu'il avait pressenti une éventuelle émeute, suite à l'accident de Shaoguan :

« Après l'incident de Shaoguan, j'en ai anticipé une plus grave, dit Heyrat. J'ai même publié une enquête sur mon blog, insistant de plus en plus sur cette hypothèse ».

Le 4 juillet, le journaliste affirme avoir entendu sur les ondes de Radio Free Asia et Voice of America des annonces du Congrès Mondial Ouïgour :

« Ce n'était pas normal. A 20h00, j'ai alerté un ami travaillant au gouvernement, en lui donnant l'adresse du site web où le discours de Rebiya Kadeer avait été publié. »

« Quelque chose va se produire demain. Vous devriez prendre des mesures », a-t-il conseillé à son ami qui lui a répondu qu'il en rendrait compte à son supérieur.

Mais Heyrat n'a reçu aucune réponse jusqu'au lendemain. Le 5 juillet à 10h00, Heyrat s'est rendu chez les principaux gouverneurs de la région autonome du Xinjiang, pour les alerter d'une potentielle « affaire sanglante ».

Il leur a même fait ces trois suggestions : publier une annonce du président de la région autonome du Xinjiang avant 12h00 ; exhorter les commerçants Hans résidant dans les quartiers de cohabitation à rentrer plus tôt chez eux et enfin, mobiliser l'armée pour isoler le quartier de cohabitation et déclarer la loi martiale à 18h00.

Mais aucune de ces trois propositions n'a été prise en compte. En outre, Heyrat affirme qu'il n'était pas le seul à avoir alerté le gouvernement.

Dans cette même interview, le spécialiste attribue la responsabilité des émeutes du 5 juillet au Hizb-e Tahrir - Parti de libération islamiste, qui se nourrit de la pauvreté pour attirer les jeunes désespérés.

Mais selon lui, son influence reste limitée : « Il n'y a pas besoin de mesures anti-terroristes au Xinjiang ». Le problème majeur dans cette région de l'Ouest de la Chine ne serait pas le séparatisme ethnique mais le développement économique.

Les autorités locales ont mis en place une double politique qui a considérablement accru les différends entre Hans et Ouïgours. D'abord la promotion d'une éducation bilingue qui a abouti au renvoi de nombreux professeurs dont le niveau chinois n'était pas jugé suffisant ; ensuite l'envoi de travailleurs ouïgours dans d'autres régions :

« Presque tous ces travailleurs sont des jeunes filles, les Ouïgours font valoir que 60% d'entre elles deviennent prostituées, et le reste ne revient jamais. Beaucoup de fonctionnaires ouïgours s'opposent à ces deux politiques. Mais personne n'ose dire non, par crainte d'être puni. »

Heyrat affirme que depuis ces vingt dernières années, les relations entre Hans et Ouïgours sont de plus en plus tendue :

« Wang Lequan, le secrétaire du parti communiste au Xinjiang a mis en place des politiques d'oppression, ne permettant pas aux Ouïgours de faire valoir leurs doléances. De fait, il a aggravé la situation. »

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